Allitération

L’allitération dans la littérature c’est un bal où l’itération des sons appelle à la torsion des mots.
Les lettres s’assemblent et se ressemblent alors les tours de sons se répètent.
La lutte rassure quand la langue tient et rassemble le tout.
Reste à voir si les lettres sortent dans l’ordre quand la lecture s’accélère.
Ce travail d’élocution est un exercice délicat dans lequel la langue est comme dans un bol où l’étau resserre les joues.
Alors les torts s’accumulent, les lettres sautent et les sons se tordent.
Seule l’élite aura sa chance pour lire le tout en restant rapide.
Car la célérité de cet exercice allie l’habilité de la langue et des lèvres.
Pour le lecteur débutant, la lenteur saura délier délicatement la langue et les lèvres.
Le travail sera alors l’accélération lors de la relecture.
A ton tour de lire ces lettres sans laisser la place à la torsion des sons.
Si les mots sont sortis dans l’ordre, l’émotion sera positive et le tour réussi.

L’automne

C’est le temps des songes et des écoles qui ouvrent
Quand la nuit rallonge et que les arbres se découvrent
Viennent alors ces changements d’habitudes
Déjà la météo devient un paradoxe
On pourrait voir la neige passé l’équinoxe
Comme ils disent, l’hiver vient et celui-là sera rude
Alors profitons de la faveur de l’automne
Et de ces vieilles mélodies qu’on fredonne
Pour observer ces quelques écureuils
Marchants sur leurs tapis de feuilles
Se préparant pour la prochaine saison
Pas celles qu’on regarde à la maison
Celle qui nous fera froid dans le dos
Et nous fera, ou pas, de cadeaux
On peut dès maintenant sortir nos laines
Et apprendre à tuer le temps au foyer
Certains auront leurs enfants à choyer
D’autres auront une verveine et un Verlaine

La prune

C’était une journée qui m’avait tanné
J’avais dû supporter mon collègue basané
Du genre malaisant par ses blagues pas marrantes
Et celui plein de blé avec lequel il se vante
Ces réunions de bureau je n’en pouvais plus
Malgré les cafés je n’avais plus de jus
Après cette journée et un petit verre
Il faisait nuit noire quand j’ai pris la route
A ne plus rien y voir pas même l’ombre d’un doute
Elle était givrée, c’était déjà l’hiver
Il n’y avait personne sur le bitume
Mes semelles de plomb m’ont donné le pied lourd
Le moteur en fumée montait dans les tours
Quand les hommes en bleu sortaient de la brume
Mon teint devint blanc alors que j’étais vert
Je me suis dit « t’as bu alors ne ramène pas ta fraise »
Mets du miel sur ta voix et prends un air à l’aise
Si tu ne vois pas trop rouge il ne seront pas si sévères
Tu peux sauver du blé si t’es intelligent…
Je suis tombé sur un bleu qui m’a collé une prune
J’ai perdu quelques points et un peu d’argent
Mais j’ai pu circuler et retrouver ma brune

Quelle idée

J’avais bu trop de verres quand l’idée m’est venue
Les yeux rouges de fatigue ou d’ivresse je n’sais plus
J’sortais du café avec une haleine de fauve
Marchant sous la fumée et puis sur une feuille morte
Perdue parmi les briques je retrouvais ma porte
Au milieu de ce gris c’était la seule en mauve
J’avais beau être marron, j’y repensais encore
Cette idée à la con m’éveilla aux aurores
J’ai pris un stylo noir direction mon bureau
Je me suis mis dans ma bulle face à la page blanche
Ce défi est givré mais il ne faut pas que je flanche
Peu à peu cette page blanche vira au ton noiraud
Pourtant dans mon esprit c’était la vie en rose
Quand cette chair à papier se remplissait de proses
Je l’entourait de bleu pour lui faire des bords d’eau
En m’appliquant un peu pour ne pas déborder
A la fin de ce texte j’me suis pris un verre d’eau
J’ai dû péter les plombs quand j’ai eu cette idée